Enregistrements
Création Originale- Sylvia Tournerie

Capture d’écran 2017-03-20 à 22.01.04Début des années 1980 un groupe de rock, de News wave… A Niort, à Tarbes, dans la région havraise…
En périphérie, assurément.

Là où des projecteurs amateurs produisent une atmosphère d’un gris brut.
A ce moment précis, où le chahut des rencontres, le sens des actes, des provocations imaginés, esquissés à à peine 20 ans, se révèlent décisifs, puis sont oubliés, et consignés dans des boites d’archives.
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En parallèle et en deçà d’une commande pour la création de l’identité visuelle du label Delodio, qui, entre autre, s’est donné pour mission d’exhumer des morceaux de musique jamais diffusés, Sylvia Tournerie revient sur les lieux d’émergence d’individualités (musicales), sur le choc (électrique) de la création.
« Enregistrements » est une création originale pensée pour Une Saison Graphique, où la graphiste retourne d’une certaine manière à ses débuts, lorsqu’elle accompagnait, concevait à la fin des années 1990 l’image du groupe de musique électronique Bosco. Si son point de départ est réel et local, son questionnement situe le travail du graphiste face à la mémoire. Comment représenter, que dévoiler de cette musique qui n’a jamais été « publiée » ? Comment évoquer ces outils d’enregistrements (populaires… et libres) et son esthétique- les K7- , qui à peine trois décennies plus tard, sont données comme définitivement obsolètes. La K7 évoque aussi une certaine idée du bricolage, une conception d’ensemble indépendante. Si pour « Enregistrements » la graphiste part d’une documentation photographique abimée issue des archives même de certains groupes de musiques de cette « scène K7 » et de ses propres photos, elle y révèle sa méthode de création qu’elle qualifie souvent de « brute », d’ « intuitive ». Dans ses compositions, la graphiste préfère maîtriser chaque stade du processus de création, elle aime être seule face à ses outils. Ici, ses collages sauvages, auront justement pour propos de sauver. Enregistrer, sauvegarder, diffuser à moindre prix, la K7 incarnait certaines valeurs horizontales (du partage) de la création.

Comme des coulisses au studio principal « Enregistrements », deux salles de la galerie 65 rassembleront un éventail des vingt années de production de Sylvia Tournerie. Conception éditoriale pour l’art contemporain, pochettes de disques, identités visuelles (Husbands, Hermès, Movement), motion design (clips, habillage de concerts, génériques pour Arte), l’inventaire du studio Sylvia Tournerie ne sera pas exhaustif, mais tentera de scénographier les gestes précis et décomplexés de la graphiste à investir tous les formatsL1021478L1021423

Photos @Virgile Laguin. Sylvia Tournerie au Lézard Graphique avec Jean-Yves Grandidier